Pensée d’appui 0012

Quand fermer le livre

Quand fermer le livre

À un certain moment, le chemin ne continue plus sur la page. Il continue dans le silence.

Sens

La littérature spirituelle peut être une carte, une lanterne et le commencement du chemin, mais la carte ne remplace pas la marche. À un certain moment, lire sur le silence doit céder la place au silence lui-même ; sinon, même le livre le plus sage devient une autre cage.

Texte complet

Quelle est la valeur de la littérature spirituelle ?

Très grande.

Elle aide à dissiper l’ignorance, à donner à l’homme les premiers mots, les premiers repères, les premiers appuis intérieurs. Quand une personne commence seulement le chemin, un livre peut devenir pour elle une carte, une lanterne et une bonne poussée vers elle-même.

Mais toute carte a un danger.

À un certain moment, la personne peut commencer à étudier la carte au lieu de marcher.

Elle lira sur le silence au lieu d’entrer dans le silence.

Lira sur l’acceptation au lieu d’accepter.

Lira sur la liberté au lieu de sortir de sa propre cage.

Lira sur Dieu au lieu de se taire et enfin d’entendre.

La littérature spirituelle est utile au début du chemin.

Mais à la fin, elle peut devenir un obstacle.

Non parce que les livres seraient mauvais.

Mais parce que même le livre le plus sage reste un indicateur, et non la Vérité elle-même.

Un doigt peut montrer la lune.

Mais si une personne admire le doigt toute sa vie, elle ne verra jamais la lune.

Il faut savoir quand lire.

Et il faut savoir quand fermer le livre.

Parce qu’à un certain moment, le chemin ne continue plus sur la page.

Il continue dans le silence.

Pourquoi ce choix

Cette pensée d’appui a été choisie comme une frontière importante à l’intérieur d’Ashraellen : la parole peut conduire au silence, mais elle ne doit pas le remplacer. Le texte protège le chemin lui-même contre sa transformation en lecture infinie sur le chemin.

Note de recherche

Ici se cherche la limite du texte comme instrument. La littérature n’est pas rejetée ; elle est remise à sa place : elle indique, aide, donne un langage, puis doit céder devant l’expérience vivante. Sinon, le doigt devient plus important que la lune.

Ashraellen symbol— signe de présence