SEVEN · livre I · roman noir psychologique

Avidité / GREED

Un homme cherche comment assurer son avenir. Un autre lui propose de gagner de l’argent. D’autres encore espèrent avoir enfin trouvé une voie vers une vie meilleure. Leurs décisions deviennent peu à peu les rouages d’un système dont aucun ne parvient à saisir toutes les conséquences.

Parfois, le piège ne commence pas par une menace, mais par une proposition qu’on a terriblement envie d’accepter.

Extrait choisi

Chapitre premier, § 1.3 · version provisoire

Après sa conversation avec Ilia, Noël retrouve la vie ordinaire de son foyer. Mais dès le lendemain, c’est à son tour de parler à quelqu’un d’une occasion douteuse de gagner de l’argent.

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Noël mit fin à l’appel et rentra chez lui.

Nina l’attendait déjà dans l’entrée.

— Alors, tu l’as adopté, ton locataire ?

— Il n’avait pas l’âge requis.

— Dommage. J’ai réchauffé la soupe deux fois.

— Ça, c’est une vraie famille.

Elle lui prit sa veste et l’accrocha à la patère.

— Tu as les mains gelées ? Va te les laver.

Il ne lui parla pas de sa conversation avec Ilia.

Le lendemain, son ancien locataire l’appela de lui-même. Il s’appelait Andreï.

— T’as quelque chose ? demanda-t-il sans dire bonjour.

— Bonjour à toi aussi.

— Bonjour. T’as une voiture ?

— Pas encore.

— Alors, à quoi tu me sers ?

— Bonne question.

— Je suis sérieux. Il me faut du boulot.

Noël se tenait près de la station de lavage et regardait un employé promener le jet d’eau sur le toit d’une des Smart. Il aurait voulu dire : « Il y a un autre truc. » Mais les mots lui parurent étrangers, trop semblables à ceux d’Ilia.

— Passe dans une heure. Faut qu’on parle.

Andreï arriva cinquante minutes plus tard. Il avait une dizaine d’années de moins que Noël, était maigre, toujours mal rasé, avec cet air de quelqu’un à qui le monde devait une petite somme, juste assez pour l’agacer. Noël se souvenait de cette veste depuis l’époque où Andreï roulait pendant des semaines dans une de ses Smart, en payant la location chaque semaine.

— Elle est où, la voiture ?

— Y a pas de voiture.

— Noël, je vais te tuer.

— Attends. J’ai quelque chose à te dire.

Ils s’éloignèrent de la station de lavage jusqu’au bord du parking, là où c’était plus calme. Noël s’aperçut soudain qu’il ne savait pas quoi faire de ses mains et les fourra dans ses poches.

— Il y aurait moyen de gagner un peu d’argent.

Andreï le regarda plus attentivement.

— Comment ça ?

— C’est pas un boulot ordinaire. Et c’est pas entièrement réglo.

— De la drogue ?

— Non.

— Des trucs volés ?

— On m’a dit que non.

Andreï haussa les sourcils.

— Ça commence bien.

— Justement, je te dis les choses telles qu’elles sont. Moi-même, je cherche encore à comprendre.

— Combien ? demanda Andreï.

Pas « pour faire quoi ». Pas « c’est légal ? ». Combien.

Noël faillit s’en vexer. Lui non plus n’avait pas commencé par demander combien ça rapportait. Mais il avait fini par le demander.

Il sortit les mains de ses poches.

— Pas ici.

À propos du roman

Sans révéler la suite de l’intrigue

Noël est un immigré qui essaie de sauver une petite entreprise dans laquelle il a investi des années de travail. Ses voitures vieillissent, les dépenses augmentent et la vie de famille réclame de la stabilité, pas de belles promesses. C’est alors qu’apparaît une proposition qui ressemble d’abord à une source de revenus complémentaire : pas très transparente, certes, mais apparemment limitée et maîtrisable.

Au début, Noël se voit comme quelqu’un qui se contente de mettre des gens en relation. Puis viennent les explications, les rencontres, de nouveaux participants et la responsabilité des liens noués entre eux. Chaque étape peut trouver sa justification dans la précédente. Mais le roman ne se réduit pas à son personnage principal : il explore une multitude de décisions et de façons d’envisager ses intérêts, ses besoins et le risque.

Ceux qui organisent et entretiennent cette activité douteuse ne sont pas les seuls à compter. Il y a aussi ceux qui répondent à la promesse d’un gain. Les uns rêvent de gagner rapidement de l’argent ; d’autres veulent récupérer ce qu’ils ont perdu ; d’autres encore cherchent la sécurité ou font simplement confiance à une connaissance. Ces attentes différentes peuvent rendre le doute particulièrement difficile à accepter.

De part et d’autre de la promesse

Motivations des participants et des victimes

L’un cherche la faille de l’autre. L’autre cherche sa chance. L’histoire commence là où ces recherches se croisent.

Les organisateurs promettent des avantages et orientent les attentes. Les participants entendent des promesses différentes derrière les mêmes mots : des revenus, la possibilité de récupérer ses pertes, une issue à l’impasse. Le roman suit les décisions des deux côtés sans mettre sur le même plan la responsabilité de ceux qui trompent et celle de ceux qui les croient.

Points de tension

Ce qui anime les personnages

Le besoin et le sentiment d’avoir assez

L’un tente de maintenir son affaire à flot ; l’autre rêve de ne plus avoir à compter chaque euro. À quel moment le nécessaire ne suffit-il plus ?

La confiance et la vérité arrangeante

Une franchise maladroite peut convaincre davantage qu’un récit impeccable. C’est le personnage lui-même qui choisit les mises en garde qu’il interprétera comme des preuves de sincérité.

Les limites de l’engagement

« Je peux arrêter quand je veux » paraît crédible jusqu’au jour où la décision crée des obligations envers d’autres personnes.

Vouloir récupérer ce qu’on a perdu

Une perte peut pousser non pas à s’arrêter, mais à tenter encore sa chance. Surtout si le nouveau risque semble pouvoir réparer l’erreur précédente.

La famille et l’art de se justifier

Le souci des proches peut être sincère et servir, en même temps, à expliquer des actes qu’on préfère leur cacher.

La responsabilité et la faute

Où s’arrête le choix d’autrui, où commence notre participation ? Comprendre les raisons d’une personne n’efface pas la responsabilité de ses actes.

Le roman dans le cycle SEVEN

Une histoire autonome, une question commune

GREED est le premier livre d’un cycle littéraire consacré aux vulnérabilités humaines. La question qui traverse SEVEN prend ici la forme d’une histoire criminelle : comment les décisions changent-elles peu à peu lorsque l’espoir, l’argent et la confiance s’entremêlent ?

La conception des autres livres et le programme de recherche font l’objet de présentations distinctes.

Aux lecteurs et aux éditeurs

Roman noir psychologique

Ce livre s’adresse à celles et ceux qui aiment les récits tendus où il est question de confiance, de choix et de mensonges qu’on finit par se raconter à soi-même. Le manuscrit est en cours d’écriture en russe ; un dialogue avec des éditeurs et des partenaires de publication est envisageable, notamment autour de sa traduction.

État d’avancement

Le travail sur le manuscrit se poursuit
  • ManuscritLe texte original russe est encore en révision provisoire ; le roman n’est pas achevé.
  • ExtraitTranscréation intégrale d’un passage de la version de travail de GREED, chapitre 1, § 1.3. Il ne s’agit pas du texte définitif.
  • CyclePremier livre de SEVEN, une série d’histoires indépendantes sur les vulnérabilités humaines.
Symbole Ashraellen— mark of presence